Je suis Marcel, né en 1906. Autant vous dire que je ne suis plus vraiment là. Mais je suis quand même parmi vous. Disons que je suis un fantôme. Marcel Ze Ghost.

Avant d’être un fantôme, j’ai eu une vie très secrète et totalement hors du commun. J’ai raconté tout cela en 2012 sur Twitter parce que j’avais envie de partager mes aventures. Je vous résume tout cela ci-dessous. Twitter/X, un truc du monde des vivants. Je n’y vais plus depuis que ce machin a été racheté par un oligarque fasciste.

Récemment, je me suis installé sur BlueSky, un nouveau joujou. Je suis là : @marcelzeghost.bsky.social . Parmi vous donc. Tout proche de vous parfois. Vous ne me croyez pas ? Vous ne croyez pas aux fantômes ? Essayez ! Fermez les yeux et demandez à parler à Marcel.


Résumé de mon aventure sur Twitter/X

Il m’a fallu attendre 2012 pour me décider à vous raconter mon histoire. Pendant des années, j’ai été le gardien d’un secret d’Etat. Mais, il y avait prescription et il fallait que je parle.

En 2012, j’ai donc choisi de dévoiler tout cela sur Twitter (à l’époque ce n’était pas encore X). Twitter organisait alors le premier Festival International de Twitter Fiction et je me suis arrangé pour me glisser là-dedans. On pouvait alors me suivre sur mon compte, mais comme indiqué plus haut, depuis que X est devenu un marécage extrêmiste et complotiste, je déconseille à tout le monde de s’y aventurer.

Je vous livre quand même un petit résumé de mon histoire qui, pendant ce festival, a été évoquée par des médias dans le monde entier.

1939 – 1940 : j’abandonne ma famille et j’entre dans la Résistance

Il faut bien avouer que j’ai mal commencé. C’était juste avant la Seconde guerre mondiale. J’habitais avec ma famille un village de pêcheurs pas loin de Dunkerque. Mais, en 1939, j’ai quitté ma femme. Je l’ai laissée, seule avec nos trois enfants.

Pas de quoi être fier, d’accord…

Nous sommes ici en photo en 1934, sur la plage du village où nous habitions et où je mène toujours ma vie de fantôme. C’est mon territoire secret.

Avec la guerre, ma vie a pris un autre tour. Je suis entré dans la Résistance. J’ai intégré le réseau « La Voix du Nord ». Comme j’étais déjà plutôt bricoleur, je suis devenu « radio ». Ma mission consistait à mettre nos gars sur le terrain, à Dunkerque, à Calais, à Boulogne, en contact avec ceux de Londres.

Mon surnom était « Gazette ». Et je peux le prouver.

2012 : infiltrer Twitter pour retrouver ma famille… et le colonel

Je suis donc allé sur Twitter , un truc que j’ai découvert au début des années 2010 et qui, à l’époque, était épatant. Je me disais que si cela pouvait m’aider à retrouver ma famille ce ne serait pas mal. Mais, il me fallait aussi retrouver la trace du colonel.

Qui était le colonel ?

Dans le cadre de ce festival de Twitter Fiction, j’ai choisi de révéler l’existence d’un colonel, ambitieux et téméraire, qui a failli entrer dans l’Histoire en essayant de lancer, en juin 40, un appel sur Radio Londres avant le Général. Les choses ne se sont pas passées comme il l’avait espéré et ce colonel – dont je me suis engagé à ne jamais donner le nom – a été arrêté. Le Général en personne m’a fait venir à Londres m’a confié la garde de ce prisonnier hors du commun. Je fus ainsi son geôlier, dans ma cachette sur les bords de l’Aa (un chenal qui se jette dans la Mer du Nord) jusqu’à ma propre mort en 1977. Voilà le fameux secret d’Etat dont je suis le détenteur depuis tant d’années.

J’ai retrouvé ma famille

Il faut bien comprendre que, depuis ma mort, je n’avais pas de nouvelles de ma famille. Je ne savais pas non plus si mon prisonnier, le colonel, mort après moi, était enterré quelque part sur les côtes du Nord de la France. Jusqu’à ce que je me décide à raconter mon histoire, personne n’avait entendu parler de moi. Le Général est mort en 1970 sans même avoir repris contact avec moi depuis qu’il m’avait confié la garde de son concurrent, en novembre 1945…

Alors, j’ai cherché pendant les quelques jours que Twitter m’accordait, pendant ce festival. Au terme de ma quête je n’ai pas retrouvé la trace du colonel (vous découvrirez en lisant mes chroniques que, par la suite, j’ai quand même pu par mettre la main dessus, mais au royaume des fantômes). Mais, j’ai fini par retrouver la trace des miens ! J’ai vérifié les bribes d’informations qui m’ont été communiquées par de bonnes âmes sur Twitter. Je sais que mes filles ne sont plus là mais mon fils est toujours de ce monde ! J’ai également huit petits-enfants ! J’ai appris cela avec une grande émotion, comme vous pouvez l’imaginer. Mais je ne veux pas en dire plus sur les membres de ma famille que je viens de retrouver. Après tout, même les fantômes ont droit à la protection de leur vie privée.

Ma force est aussi d’avoir le temps. J’ai l’éternité devant moi. Comme quoi, être un fantôme peut avoir du bon. Je continue, dans l’ombre, à veiller sur ma famille et sur vous. Oui, sur vous. C’est une mission que je me suis attribuée. Et, de en temps, je viens ici, vous donner des nouvelles.

Vous pouvez même vous abonner (et c’est gratuit !).