Les années passent et, avec mon oeil de fantôme, j’observe que dans ce pays on aime toujours autant les petites polémiques, les petites phrases, les coups d’éclat à deux balles. Je me suis promené sur la Croisette pendant le festival de Cannes (vous ne m’avez pas vu, mais c’est normal) et j’ai entendu que l’on reprochait à un acteur qui, dans un film, jouait le rôle de Jean Moulin de ne pas se conduire comme Jean Moulin dans la vie. L’acteur en question a été prié de venir s’excuser devant les caméras. J’ai aussi entendu que l’on reprochait à un film qui raconte l’histoire de Samuel Paty, professeur d’histoire-géographie assassiné par un terroriste islamiste, d’être « sur la fin » un peu islamophobe. Et, il a donc fallu expliquer pour la centième fois à la radio, à la télé, dans les journaux, que dénoncer le terrorisme islamiste ce n’est pas dénoncer les musulmans.

Polémiques, accusations, dénonciations, cacophonie… C’est sans fin. Foi de Marcel, je vous le dis : vous êtes dans un état d’agitation qui vous mène droit dans le mur. Il devient urgent de vous ressaisir car vous êtes de plus en plus à la merci de ceux qui, justement, veulent en sous-main créer du désordre pour, ensuite, s’imposer comme le Parti de l’Ordre Nouveau.

Si vous avez besoin de prendre l’air, venez donc vous promener sur mes terres, sur les rives de l’Aa, loin de la folie qui règne dans le grand monde. Mais commencez par éteindre vos écrans. Dans les premiers temps vous serez frustrés, mais très vite vous vous sentirez apaisés. Je n’ai pas de portable, pas de télé… Juste un vieil ordinateur récupéré une nuit dans un magasin de matériel d’occasion. Il me permet d’écrire mes mémoires (Ainsi parlait Marcel Ze Ghost) et de vous envoyer mes chroniques. Mais je vous observe : vous êtes en permanence connecté à ces réseaux sociaux qui sont devenus des instruments de manipulation très efficaces, qui encouragent le partage d’émotions, de colères, de mensonges, et qui, en un mot, vous plongent dans une vision déformée de la réalité.

J’arrête là, car vous allez m’accuser de vous faire la leçon. En fait, je voudrais simplement que vous gardiez la tête froide pour réfléchir et agir en connaissance de cause. C’est en tout cas ce que je me suis efforcé de faire lorsque, en des temps difficiles, j’ai choisi de m’engager dans la Résistance.

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